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PASSION
ET RÉFLEXION
Série d'articles
écrit par Nathalie Staehlin et Alain Devaud, publiés
dans le magazine "Le cavalier Romand".
Travail de deux pistes:
Epaule en dedans Contre épaule en dedans
Le travail de deux pistes, appelé
également pas de côté, est une marche durant
laquelle le cheval, tout en gardant le mouvement en avant, se déplace
latéralement. Pour ce faire, il doit donc chevaler ses membres
pour les poser devant ceux se trouvant déjà à
l'appui. Cette façon de faire marcher son cheval développera
chez lui une force et une maniabilité nécessaires
pour l'exécution d'exercices plus complexes. Maniabilité
que la marche (normale) d'une piste ne saurait apporter à
elle seule. Ce travail sollicite toutes les grandes articulations
de l'animal, obligeant les hanches à se ployer et provoque
également "par une corrélation d'effet musculaire"
la mobilité de la mâchoire (mise en main). Le travail
peut s'effectuer aux trois allures, mais c'est principalement au
pas qu'il prend toute sa valeur. En effet, le pas étant une
allure à quatre temps, le cheval a tout loisir de croiser
ses membres amplement, n'étant pas, comme dans le trot et
le galop, restreint par un temps de suspension. Là également,
comme pour le travail sur les courbes, l'on aura soin de répéter
plus souvent les exercices de deux pistes du côté où
le cheval a de la peine à s'incurver, cette façon
de procéder possédant également la vertu d'assouplir
latéralement le cheval. Nous débuterons cette série
d'exercices par l'apprentissage de l'épaule en dedans.
Supposons maintenant le cheval au pas
à main droite. Arrivé dans le coin du manège
(de préférence l'un de ceux faisant face à
la sortie), l'on exécutera une volte à droite; cela
afin de préparer le pli de l'animal pour l'exécution
de l'épaule droite en dedans. A la fin de cette volte, l'on
doit amener en déplaçant légèrement
les mains vers la droite les épaules du cheval à l'intérieur.
Se trouvant ainsi sur deux pistes, les épaules légèrement
à l'intérieur, sa tendance sera de marcher vers le
centre du manège. A ce moment, l'action combinée du
poids du cavalier chargeant davantage l'étrier extérieur,
le buste vers l'arrière et l'effet des rênes empêcheront
l'animal de marcher en direction du centre et l'obligeront, non
pas à s'arrêter (manque d'impulsion) mais à
marcher latéralement, en croisant les membres intérieurs
par dessus et en avant des membres extérieurs. Se satisfaire
d'une à deux foulées, puis, sans le remettre droit
sur la piste, laisser les rênes s'allonger et caresser. Le
cheval aura donné ses premières foulées d'épaule
en dedans. Pour parvenir à des résultats durables
et efficaces, garder toujours à l'esprit ces paroles du général
Faverot de Kerbrecht: "Demander souvent, se contenter de peu,
récompenser beaucoup."
Le véritable rôle de la jambe
intérieure du cavalier dans la pratique de l'épaule
en dedans est de maintenir l'impulsion et également par des
touches précises de l'éperon (effet de ceintrage)
à la sangle, d'incurver latéralement le cheval. Elle
peut cependant, accompagnée de la gaule, venir momentanément
en arrière de la sangle pour aider le postérieur intérieur
lors du croisement. A cet instant, son but est de pousser au moment
où ce postérieur se lève, puis de cesser son
activité au moment où le postérieur se pose,
et ainsi de suite.
Les mains pourront également jouer
plusieurs rôles. Effectivement, si le cheval décalait
trop ses épaules vers la droite, une légère
action des deux mains vers la gauche replacerait l'avant-main de
l'animal à sa place. L'important durant tout ce travail n'est
pas d'avoir, à propos des aides du cavalier, une règle
stricte dans la tête, mais de sentir afin d'agir au mieux.

"Unique", cheval suisse
de 3 ans et demi. Etude de l'épaule en dedans par le travail
à pied. Le jeune cheval étant libéré
du poids du cavalier, ses mouvements s'étendent davantage,
la gaule remplaçant momentanément la jambe intérieure.
(Photo privée)
On peut lire dans certains règlements
au chapitre concernant les aides à donner pour l'épaule
en dedans: "la jambe doit être placée ainsi, la
main fera,cela...". Or, il s'agit là d'un art et non
d'une science exacte, d'un animal et non d'un instrument. Une directive
de base est bien entendu nécessaire à l'exécution,
mais le plus important est ensuite de sentir le degré de
ployement avec lequel on entame l'épaule en dedans, l'impulsion
nécessaire, la durée de l'exercice, etc... Tout ceci
n'est pas l'affaire d'un règlement mais bien de tact équestre.
Ainsi arrivera-t-on progressivement à plusieurs foulées,
à des longueurs entières, l'important n'étant
pas le nombre mais la qualité, la légèreté
avec laquelle l'animal se livre à ce nouvel exercice. Si
le mouvement est demandé avec force, au lieu de répartir
équitablement son poids sur ses quatre membres, le cheval
se trouve déséquilibré sur l'épaule
extérieure. Il ne s'agit alors plus d'une épaule en
dedans, mais d'une fuite en direction de l'épaule extérieure.
Tous les exercices enseignés avec violence n'apprennent en
fait à l'animal qu'à disposer de ses forces contre
celles du cavalier. Bien que la compétition exige une épaule
en dedans exécutée sur trois traces, cela n'exclut
pas qu'à l'entraînement, l'on demande plus ou moins
de pli et que l'on fasse marcher son cheval sur quatre traces, selon
que l'on désire plus ou moins de croisement et d'incurvation.

"Biblos", anglo-arabe de
5 ans, exécutant une contre-épaule droite en dedans.
L'impulsion, l'équilibre et la légèreté
sont des buts que l'on doit garder à l'esprit, quelle que
soit la discipline que l'on a choisi. (Photo privée)
Quant à la contre-épaule
en dedans, cela consiste à mettre les hanches du cheval sur
une piste intérieure, les épaules demeurant à
la paroi, l'animal regardant (comme pour l'exercice précédant)
d'où il vient. La différence existant entre ces deux
figures est particulièrement évidente lors du passage
des coins ou sur le cercle. Dans l'épaule en dedans exécutée
sur le cercle, les hanches du cheval, parcourant un plus grand chemin
que les épaules, sont en effet plus mises à contribution
et ont un plus grand croisement à fournir; tandis que c'est
l'inverse lors d'une contre-épaule en dedans. Ces deux mouvements
prennent de la valeur comme exercices de gymnastique, du moment
qu'ils sont pratiqués régulièrement. Ils deviendront
ainsi familiers à l'animal -qui s'exécutera comme
il se doit à la moindre indication du cavalier.
| "Cette leçon
(épaule en dedans) produit tant de bons effets à
la fois, que je la regarde comme la première et la
dernière de toutes celles qu'on peut donner au cheval,
pour lui faire prendre une entière, souplesse et
une parfaite liberté dans toutes ses parties...".
J.F. R. de La Guérinière |
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Épaule en dedans
Contre-épaule en dedans |
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