| PASSION
ET RÉFLEXION
Série d'articles
écrit par Nathalie Staehlin et Alain Devaud, publiés
dans le magazine "Le cavalier Romand".
Introduction
Avril 1992, au coeur de la campagne portugaise, un
matin comme les autres: dans le paisible manège de la Quinta
Do Brèjo. Nous avons le privilège de monter des chevaux
d'école aux qualités exceptionnelles. Grâce
à ces montures, nous sommes en mesure de nous faire une riche
idée de la haute école, enchaînant piaffer,
passage ou changement de pieds. Tout ceci sous l'oeil expert de
l'un des plus grands artistes de la scène équestre
actuelle, je veux parler de João Oliveira.
Souvent ignoré, à tort, par les adeptes
de la compétition, ces chevaux ibériques, quelle que
soit leur provenance, demeurent de parfaits sujets, répondant
avec grâce aux plus hautes exigences de l'équitation.
Nathalie et moi faisons partie de ces "écuyers"
qui tentent de faire évoluer leur monture avec joie et passion,
tant il est vrai que nous aimons le cheval avant l'équitation.
De cette dernière, nous apprécions grandement le côté
artistique plus que le côté sportif. Ce qui nous situe
"en tant que professionnels" en marge de ce qui se pratique
actuellement.
A l'évidence, quand il vous a été
donné de ressentir tellement fort ces moments d'intense bonheur
et de complicité avec l'animal, vous réalisez alors
que lui seul est à même d'apprécier, de juger
vos actions et d'y répondre avec une loyauté et une
spontanéité immédiate.
Du Portugal à la Belgique, nous avons consacré
plus d'un an et demi à pratiquer aux côtés de
João Oliveira une équitation des plus simples et des
plus pures. Celle qui laisse au cheval une liberté d'expression
peu commune, celle qui nous permet dès lors de prétendre
à la haute équitation, à sa pratique ou à
son enseignement oral ou écrit, tel que nous l'envisageons
dans une séries d'articles commentant diverses figures classiques.
Après un article d'introduction traitant de
la psychologie, les exercices seront pris dans un ordre croissant.
Débutant par une gymnastique simple et appropriée,
nous amènerons progressivement notre monture dans un équilibre
et un rassemblé lui permettant la pratique des airs de haute
école.
Notre but étant, à travers ces écrits,
non point d'imposer une méthode, mais de faire découvrir
aux lecteurs le long chemin de la poésie équestre. |